Le commerce équitable, notion née dans les années 40, fait partie des alternatives aux modèles contemporains de production et de consommation.
Plus qu’un nouveau modèle économique, le commerce équitable serait une position politique. Ce qui expliquerait la diversité de ses traductions dans le monde du business.
Alors, de quoi s’agit-il ? Qui fait quoi ? Et dans quel but ?
Le commerce équitable, un préalable
Même si les définitions que l’on donne du commerce équitable, sans être contradictoires, sont souvent multiples, la notion tient son origine de l’article 23 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme :
« Quiconque travaille à droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tout autre moyen de protection sociale. »
Deux grandes tendances
Depuis que le commerce équitable est sorti de sa confidentialité, dans le courant des années 90, on observe deux tendances. L’une, plus militante et plus ancienne, consiste à importer et commercialiser tous types de produits issus du commerce équitable sans forcément que leur action soit légitimée par des marques ou des labels (Artisans du Monde, par exemple). L’autre, intéressée aussi par le potentiel marchand de la démarche et plus récente, propose de labelliser via des organisations dédiées comme la Fairtrade Labelling Organization.
La première tendance porte une idéologie et des propositions politiques fortes.
La deuxième, à forte plus-value commerciale, est la préférée des grandes surfaces et des marques de distributeurs (MDD).
10 principes fondamentaux
Il existe là aussi un grand nombre de chartes et de mesures de progrès édictées par un non moins grand nombre d’organisations. Nous pouvons toutefois retenir les dix principes fondamentaux suivants :
1. Création d’opportunités pour les producteurs en situation de désavantage.
2. Transparence et crédibilité.
3. Capacité individuelle, autonomie des travailleurs.
4. Promotion et sensibilisation des consommateurs.
5. Paiement d’un prix juste, après dialogues et concertations, et garanti quelques soient les cours.
6. Egalité entre les sexes.
7. Un environnement sain et sûr pour les travailleurs.
8. Une stricte surveillance du travail des enfants, le cas échéant.
9. De meilleures pratiques environnementales.
10. Prise en compte du bien-être social, économique et environnemental des producteurs
Il n’existe pas de certification mais en France, l’AFNOR a rédigé un accord qui édicte 3 principes du commerce équitable :
• L’équilibre de la relation commerciale entre les partenaires ou co-contractants,
• L’accompagnement des producteurs et des organisations de producteurs engagés dans le commerce équitable,
• L’information et la sensibilisation du consommateur, du client, et plus globalement du public au commerce équitable.
Il s'agit également bien entendu, de commercer en respectant les différences culturelles de chaques parties.
Les organisations et les labels
Trop nombreux pour que nous puissions les présenter tous ici, il est cependant important de bien faire la différence entre organisations et labels.
Les organisations sont des collectifs regroupant des initiatives de labellisation et/ou des acteurs du commerce équitable (Word Fair Trade Organization, Plate-Forme pour le Commerce Equitable, etc.).
Les labels garantissent des normes de production précises (Max Havelaar/Transfair, par exemple). Seuls les produits Max Havelaar sont contrôlés de façon indépendante par la société Flo-Cert.
De nouvelles marques voient le jour depuis quelques années à l’initiative de la grande distribution qui n’entend pas laisser le monopole du commerce équitable aux seules associations dédiées (Bio équitable, Ethicable, Alter Eco, Carrefour Equitable, Entr’aide chez Leclerc, etc.). Ces marques crééent leur propre cahier des charges du commerce équitable.
Les résultats du commerce équitable
Bien évidemment, si même la grande distribution s’empare de ce commerce équitable, c’est que le business marche bien.
En France, le chiffre d’affaire 2008 de l’alimentaire équitable réalisé par les grandes surfaces s’élève à plus de 111 M€. Ces grands distributeurs enregistrent ainsi une progression de 8 %.
Fortes de ce succès, les organisations proposent la deuxième édition du Salon Européen du Commerce Equitable les 2, 3, 4 octobre prochains à Lyon.
En savoir +
Salon Européen du Commerce Equitable
Plate-Forme pour le Commerce Equitable (PFCE)
Tout sur les principes, les organisations, les labels
Les trois principes du commerce équitable d'AFNOR







