Europlasma, un engagement développement durable 100 % naturel.
Fondée en 1992, le premier métier d’Europlasma est le traitement des déchets. Depuis, cette Petite et Moyenne Entreprise (PME) de 270 personnes a diversifié son activité. D’une part, elle commercialise des équipements permettant le traitement des déchets (torches plasma, fours, etc.) ; et, d’autre part, elle développe des projets dans les domaines de l’énergie propre.
Son bilan 2008 fait état d’une augmentation de 20 % de l’activité malgré la crise. Le chiffre d’affaires du groupe est passé de 29,6 à 35 millions d’euros entre 2007 et 2008.
Pour son dirigeant, ces bons résultats ne sont pas étrangers au fait que le groupe développe son activité dans le secteur de l’économie verte.
Arrivez-vous toujours à concilier destruction des déchets dangereux et engagement écologique ?
Pour nous c’est la même chose. Si nous souhaitons mener une telle activité aujourd’hui, il faut être d’une rigueur militaire et respecter scrupuleusement les normes européennes et les législations américaines. Le traitement des déchets ne doit pas être considéré comme « une vache à lait » économique, ou alors c’est le fiasco pour l’entreprise.
D’ailleurs, la crise remet un peu tout le monde sur la même ligne de départ. Notre proposition séduit énormément parce que nous prouvons notre sérieux. Nous sommes propriétaires d’un site qui fonctionne depuis une dizaine d’années : nous avons 600 clients pour ce qui concerne l’amiante, nous vendons aux Japonais et nous exportons dans plus de 23 pays. C’est ce sérieux-là qui finit par payer.
Pour vous donner une idée de notre plus-value écologique, prenons l’exemple des résidus des premiers tris et traitements faits généralement par les Villes et les Régions, essentiellement des déchets organiques et solides extrêmement stables. Ce sont ces résidus-là qui nous intéressent. Nous proposons de les valoriser plutôt que de les laisser partir en décharge. Le procédé mis au point est une innovation et permet de produire de l’électricité.
Il s’agit du projet de « production d’électricité de façon responsable à partir de déchets » mis en œuvre par votre firme C.H.O. POWER, pouvez-vous nous en parler ?
L’idée est de trier en amont le plus possible. Il est bien sûr évident que nous n’utilisons pas d’incinérateur. Nous ne prenons pas le plus de déchets possible pour faire du chiffre. Maximiser le nombre de déchets entrants n’est pas très intéressant, il faut avoir les déchets les plus stables possibles, ainsi que les déchets les plus producteurs d’énergie.
L’intérêt de cette technique réside dans le fait que nous traitons des déchets qui ont été préalablement triés.
Nous évitons que ces résidus partent en décharge pour les valoriser et produire de l’électricité.
Nous vendons notre électricité à EDF au tarif obligatoire d’achat. Un quart de nos revenus proviennent du traitement du déchet, et les trois-quarts restant, de l’électricité qu’il produit.
Nous avons dédié quatre sites à ce projet. Le premier est en France à Morcenx, les autres sont en Grande-Bretagne, au Portugal et en Amérique du Nord. Nous faisons des levées de fonds, seuls ou avec des sponsors locaux ou internationaux. Le financement de ces quatre projets se fait à travers une structure appropriée. Cette structure fait partie d’un processus de capitalisations.
Pour votre activité «traitement des déchets dangereux », quelles sont vos certifications ?
Les indicateurs sont évidemment les émissions de gaz qui sont absolument sous contrôle. Le déchet vitrifié lui-même est une matière première secondaire qui a obtenu les autorisations de recyclage. Par exemple, aujourd’hui, quand nous recyclons un déchet, nous ne collectons pas la TGAP* parce que nous avons mis au point des techniques de transformation du déchet. Nous ne proposons pas un système d’enfouissement ou de traitement qui laisse le résidu à l’état de déchet.
Le mode de certification mis au point est original. Nous faisons certifier un procédé appliqué à un certain type de déchets. Nos procédures sont très exigeantes. Dans la mesure où nous proposons des innovations, le ministère de l’Environnement ne veut pas ouvrir la porte à d’autres procédures qui seraient peut-être un peu plus exotiques.
Par exemple, la mise en place du protocole de traitement de l’amiante a coûté 500 000 euros. Dès 1995, nous avons impliqué le ministère de l’Environnement et bien d’autres dans le cadre d’un programme que nous avons appelé Vivaldi. Nous n’avons obtenu la certification qu’en 2005.
Vous êtes engagés dans le développement durable depuis l’origine de votre activité, pour autant, vous ne communiquez pas forcément sur cet axe, c’est un choix de votre part ?
Nous sommes dans le développement durable par nature. Nous ne souhaitons pas spécialement surfer sur la vague verte. Nous restons extrêmement humbles, l’écologie est une sorte de compromis. Nous essayons d’augmenter nos taux de recyclage au maximum. Même si nous n’atteignons pas 100 % des déchets recyclés, considérant cet objectif comme un rêve inaccessible, notre taux de recyclage est au-delà de 95 %.
Face à de grands groupes qui parlent de développement durable, nous souhaitons nous différencier.
S’agissant du développement durable, je pense que la France n’est pas suffisamment exemplaire, notamment en matière d’amiante. Le ministère de l’Environnement algérien nous envoie 700 tonnes d’amiante par an. Dans le même temps, les 200 tonnes d’amiante du Clémenceau sont envoyés aux Anglais qui vont les stocker en décharge… Aujourd’hui, nous n’avons pas envie d’être associés à cela, sur le plan international.
Et puis, nous n’en avons pas eu le temps. Nous sommes certainement perfectibles sur cette question.
A l’interne, avez-vous une politique développement durable ?
Nous avons des gestes responsables. Les économies d’énergie, des pompes à chaleur dans les bureaux, … ce sont des démarches évidentes pour nous. Nous faisons du covoiturage de manière permanente pour aller sur les sites. Aujourd’hui nous ne subissons pas les taxes sur les véhicules de société, car aucune de nos voitures ne dépassent les normes.
Nous avons commencé un bilan carbone l’année dernière.
La moyenne d’âge de mes collaborateurs est de 32 ans. Ce sont des ingénieurs qui viennent des grands groupes. Pour garder ces gens-là et leur potentiel, il ne faut pas leur raconter d’idioties. Ces générations-là sont très sensibles à ces questions environnementales, elles nous incitent à faire attention au quotidien.
Rien n’est vraiment formalisé mais nous respirons tellement cela. Vous me direz, c’est comme Mr Jourdain, il suffit de le dire et de ne pas le faire. Mais nous respirons tellement l’écologie et le fonctionnement durable.
* Taxe Générale sur les Activités Polluantes.







