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Christian COUTIN, Directeur développement durable du groupe SEB

100 % des sites industriels français de SEB sont certifiés OHSAS 18001.Le taux de fréquence des accidents du travail est aujourd’hui réduit de 11 % au niveau mondial. 35 % des fournisseurs du panel sont certifiés ISO 14001. La socio-déclaration est signée par 100 % des fournisseurs asiatiques de SEB et 52 % des fournisseurs d’Amérique latine. Grâce à l’éco-conception des produits distribués par SEB, depuis 2008, leur consommation moyenne en mode veille est réduite à 1,2 W.
Le Groupe SEB s’est, entre autre, engagé sur le Global Compact, le Code de Conduite du CECED et la Charte de la Diversité.
Entre « Penser, être et faire Développement Durable »,le Groupe déploie une politique ambitieuse. Comment le développement durable se met au service de l’intelligence entrepreneuriale ?
SEB : un exemple à suivre de près.

Si je vous dis « développement durable »… ?
Le développement durable est, selon moi, un modèle de développement économique en harmonie avec l’environnement et équitable pour les personnes en lien avec l’entreprise. Ce modèle doit être soutenable dans la manière qu’il a de consommer les ressources et surtout, doit prendre en compte le retraitement de ses déchets.

Quels sont les maîtres-mots de votre mission ?
En haut de la pyramide, il y a la gouvernance. A la base, nous retrouvons le social, l’environnemental et l’économique. A partir de là, il s’agit donc d’être éthique et équitable, le plus possible en harmonie avec l’écosystème et de créer de la valeur.
Il est souvent question des trois piliers du développement durable, de fait, ma mission s’organise autour de quatre P ou « piliers » : les Principes, les Personnes, la Planète & la Performance.

Pourquoi et comment le Groupe SEB est entré dans une démarche développement durable ?
Il y a quelques années, avec l’intensification des réglementations, la montée en puissance de la pression des ONG nous avons pensé qu’il fallait anticiper cette tendance et essayer de capitaliser dessus.
Bien avant cela, le Groupe SEB avait mis en place une démarche que je qualifierais de « sociale ». La volonté de prendre en compte l’individu au travail, la participation aux bénéfices, la lutte contre l’analphabétisme dans les différentes entités de SEB, tout cela correspond aux valeurs profondes du groupe et de ses actionnaires familiaux.

Quel est le poids des actionnaires familiaux sur les décisions prises aujourd’hui par SEB ?
Thierry de la Tour d’Artaise, le P-D.G, fait partie de la famille Lescure. Il est donc porteur de ces valeurs. Mais il ne faut pas croire que c’est uniquement à la tête que cela se passe. Ceux qui intègrent le groupe ont, bien souvent, des valeurs similaires.
Et c’est bien parce qu’il y a de telles valeurs que cela fonctionne et qu’il est possible de mettre en place une vraie démarche développement durable.

Comment arrivez-vous à mettre en œuvre la politique développement durable au niveau international ?
La principale difficulté vient du fait que vous devez tenir compte de pays, de cultures, de contextes, de niveaux de développement, de langages très différents. Vous ne pouvez donc pas appliquer un modèle unique. En revanche, avec des principes internationaux comme, par exemple, le Global Compact, vous utilisez un référentiel dont les termes sont normés et donc, un langage commun.

La mise en place une telle démarche, bien sûr, se fait en accord avec le Comité Exécutif du groupe.
Il est nécessaire, ensuite, de présenter la démarche et de convaincre du fait que le développement durable est inéluctable à tous les niveaux de la multinationale. Il faut diffuser la démarche dans tout le corps social de manière verticale et transversale.
J’ai rencontré les comités de direction, les directeurs de filiales à l’international, les directeurs de continents en France, en Chine, au Brésil pour présenter la politique développement durable du Groupe et plus particulièrement le Global Compact, le code de conduite du CECED et la charte de la diversité.
A la suite de cela, il a fallu mettre en œuvre des projets concrets. Le développement durable ne se travaille pas que hiérarchiquement, il faut des chefs de projet, des équipes motivées qui s’approprient des projets qu’elles ont contribué à élaborer. L’idée est bien que la démarche progresse et irrigue l’ensemble des activités du groupe.

Comment conciliez-vous éthique et compétitivité ?
Malheureusement les entreprises privilégient généralement le court terme. A moyen ou long termes nous nous apercevons que l’éthique est bien plus enrichissante que la non-éthique, la confiance est créatrice de valeurs. Pour s’en convaincre il suffit de voir ce qu’il se passe avec la crise actuelle.
Je suis persuadé que l’éthique paie.

Comment défendez-vous cela face à vos actionnaires et vos grands dirigeants ?
Au même titre que les prospectives sur le climat, vous ne pouvez pas le démontrer. C’est une évidence, vous perdez votre image si vous n’êtes pas éthique. Nous avons des exemples d’entreprises qui en ont subit les conséquences. Nike a perdu des sommes faramineuses. Enron a disparu.

Donc, selon vous la clé ce sont les gains financiers ?
Pas seulement. La motivation des collaborateurs liée aux conditions et à l’ambiance de travail, et au sens qu’il trouve à l’intérieur de l’entreprise est aussi une clé non négligeable. La motivation au travail augmente de façon substantielle la richesse de l’entreprise et la rend gagnante.

Vous n’avez pas de partenariat avec des ONG ?
Nous aurions pu être partenaire du WWF. Cela représente une plus-value énorme pour l’image d’une entreprise et donne une crédibilité, en interne et en externe, extraordinaire.
Mais, jusqu’à présent, un tel partenariat n’a pas été jugé prioritaire.

En cinq ans, quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?
La pression du court terme, difficile à contourner, prend le pas sur le long terme.
Les objectifs définis dans une politique développement durable ne vont pas forcément donner un avantage concurrentiel immédiat.
Nous devons aussi sans cesse gérer cette contradiction entre besoins de renouvellement produits, produits de grande consommation et économies de ressources.
Pourtant, c’est l’innovation qui nous permettra de mieux vivre demain.
Nous sommes tous obligés d’aller vers le progrès responsable et l’innovation pour inventer un monde qui sera plus « soutenable ».

Propos recueillis par Marine Royet.


En savoir + :
Le Groupe SEB
• La politique développement durable du Groupe SEB
• Le Global Compact
• Le code de conduite de la CECED
• La charte de la diversité

 

"Performance et développement durables"


pour en savoir plus sur ce sujet, consultez l'interview de Jérôme Soistier, président fondateur d'Altadev.

"Le dialogue avec les parties prenantes"


pour en savoir plus sur ce sujet, consultez l'interview de Dominique Royet, directrice associée d'Altadev.

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