A l’heure où limiter les émissions de carbone est l’un des enjeux majeurs pour lutter contre le réchauffement climatique, il est utile de rappeler la nécessaire action conjointe de tous les acteurs, et notamment des entreprises. Vigeo et WWF se sont justement attachés à estimer dans un rapport l’impact de 10 secteurs d’activités parmi les plus émetteurs.
Quelles sont ses principales conclusions? Quelles sont les leviers d’actions des entreprises?

1. Les principales émissions de carbone ne sont pas où on les attend
Le WWF et l’agence de notation sociale et environnementale Vigeo ont présenté en décembre une étude estimant les émissions globales de gaz à effet de serre par secteur économique pour faire le point sur les moyens d’actions dont disposent les entreprises pour les diminuer.
L’une des principales conclusions de cette étude est que les entreprises qui souhaitent s’engager dans la lutte contre le réchauffement climatique doivent mesurer à la fois leurs émissions directes et leurs émissions indirectes de CO2. Il s’agit de bien prendre en compte l’impact de l’entreprise en amont et en aval de la production à travers ses relations avec ses fournisseurs et sous-traitants. Le fait de prendre en compte les émissions indirectes change souvent les stratégies à adopter.
Pour preuve :
- Secteur bancaire : ses émissions directes, liées à son activité – consommation d’eau, d’énergie des bâtiments – représentent moins de 1% de ses émissions totales de gaz à effet de serre ! Il faut en effet prendre en compte les émissions indirectes de l’activité bancaire : les projets « fossiles » (financements de projets de centrales à charbon, ou prêts aux particuliers pour une voiture ou un achat immobilier).
- Grande distribution : Plus de 90% des gaz à effet de serre du secteur proviennent des missions indirectes. 30% des émissions sont liées à l’agriculture, 29% à l’élevage, 9% à la transformation des produits. 7% des émissions sont dues au transport routier.
Pour d’autres secteurs : les émissions directes liées aux activités de productions sont plus élevées :
- Mines et Métaux : 65% d’émissions directes dans leur bilan global (280 MteqCo2 = millions de tonnes équivalent CO2),
- Electricité : plus de 70% des 230 MteqCo2
- Matériaux de construction : 81% des 140 MteqCo2
Le bilan de l’étude fait ainsi apparaître le secteur banques assurances comme le plus émetteur dans un périmètre élargi (émissions directes et indirectes), avec 3680 millions de tonnes équivalent CO2. Il est suivi par le secteur aérien (925 MteqCO2), le pétrole (565 MteqCo2) et le gaz (280 MteqCo2).
2. Comment faire pour réduire ses émissions de CO2?
Le Bilan Carbone®, un bon outil d’évaluation
Le Bilan Carbone® d'entreprise est un bon point de départ pour réduire ses émissions de CO2. Il permet de faire un état des lieux des principaux facteurs d’émissions directes et indirectes de CO2 dans l’entreprise et de proposer un plan d’actions concrètes.
Faire son Bilan Carbone® permet à l’entreprise d’anticiper les réglementations sur les gaz à effet de serre mais également de répondre aux attentes de ses clients : ce critère de développement durable devient de plus en plus recherché.
Les leviers d’actions identifiés par l’étude Vigeo-WWF
- Secteur bancaire : le rapport Vigeo et WWF envisage comme solution le développement de services et prêts verts, tout en soulignant qu’aujourd’hui, moins de 30% des banques européennes ont développé ces offres.
- Aviation civile : Pour lutter contre les émissions indirectes, Vigeo propose aux transporteurs aériens de favoriser la recherche et le développement dans ce sens mais aussi de se diversifier en proposant des alternatives aux vols petite distance comme le développement d’un service de vidéoconférence par exemple.
- Pétrole : Un levier d’action pourrait être pour les entreprises du secteur pétrolier de se positionner comme fournisseurs de services énergétiques – accompagner les clients dans la réduction de leurs besoins énergétiques par exemple : cela favoriserait une diversification des activités et une transition vers des énergies plus propres.
On le voit, prendre en compte les émissions de gaz à effet de serre indirectes peut conduire l’entreprise à une redéfinition complète de son business model. Avant de s’engager sur des actions concrètes, il est impératif qu’une entreprise réalise un diagnostic précis et complet de ses émissions de gaz à effet de serre.
En savoir +
L'Etude Vigeo-WWF : Les Entreprises françaises face au défi du changement climatique







