Tetra Pak France a été créée en 1954. Elle est filiale à 100 % du Groupe Tetra
Pak. Sur 6 % des liquides emballés dans le monde, plus de 8 % sont des emballages Tetra Pak. Le Cluster Tetra Pak France & Tetra Pak Belgique développe deux activités principales : le packaging (fabrication et commercialisation d’emballages pour liquides destinés à la consommation), et le processing (traitement des produits alimentaires et conception/réalisation de lignes de fabrication en amont du conditionnement).
Depuis 2003, Tetra Pak France est engagé dans une démarche développement durable et mène un partenariat avec le WWF. En mars 2008, une Analyse du Cycle de Vie commandée par l’entreprise montre que l’emballage carton est de loin celui qui possède la plus faible empreinte écologique. Entre l’été 2008 et la fin de l’année, les ventes d’emballage Tetra Pak grimpent de 3 %.
Depuis 2003, Tetra Pak est engagée dans une démarche DD, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
Chez Tetra Pak, le développement durable est envisagé par rapport au produit et à son impact sur l’environnement. Au départ, l’intérêt de l’emballage Tetra Pak vient du fait que c’est avant tout un emballage longue conservation. Et déjà, avec un tel emballage, on résout le problème de la gestion coûteuse de la chaine du froid.
A partir de là, l'idée de Tetra Pak est que l’emballage doit économiser à l’environnement plus qu’il ne coûte et c’est vers cet objectif principal que l’on fait tendre nos efforts.
L’idée générale consiste à minimiser l’impact environnemental.
Après, dans développement durable, on entend aussi « gestion raisonnée des ressources ». Tetra Pak est engagé, au côté du World Wildlife Fund (WWF) pour la gestion durable des forêts à travers le programme Climate Saver.
Aujourd’hui, 100 % de l’approvisionnement en bois pour le compte de Tetra Pak est tracé. Un tiers de cet approvisionnement vient de fournisseurs en bois certifiés Forest Stewardship Council (FSC).
Entre autres choses encore, à fin 2009, 100 % de l’électricité du site de Dijon, le site de fabrication pour l’ensemble de l’Europe, sera verte.
Notre objectif aujourd’hui, c’est une baisse supplémentaire de 10 % de nos gaz à effets de serre d’ici 2010.
Nous souhaitons aussi optimiser la logistique essentiellement en réfléchissant sur les transports de marchandises et nous nous préoccupons beaucoup de la manière dont nous pouvons optimiser le recyclage de nos emballages qui reste actuellement notre point le plus faible.
Justement, comment vous envisagez d’atteindre l’objectif que vous vous êtes fixé de 50 % de produit recyclé ?
Aujourd’hui, notre taux est monté à 40 %. Mais effectivement, notre objectif est toujours de 50 % en 2011/2012.
Alors, comment nous faisons.
Premièrement, nous intervenons au niveau de la collecte. L’objectif étant une collecte sélective à 100 %.
Tetra Pak aide les municipalités à mettre en place les bacs de tri. L’entreprise intervient aussi sur une meilleure information aux consommateurs, toujours en soutien aux municipalités.
Mais le problème du recyclage des briques c’est aussi les matériaux additionnels, l’aluminium et le polyéthylène, que l’on récupère pour fabriquer des palettes, des poteaux de vignes, etc.
Deuxièmement, nous augmentons la capacité de recyclage de l’entreprise même. Il faut que nous mettions en place les outils pour obtenir une capacité de recyclage suffisante. Aujourd’hui, nous expédions encore 30 % de nos déchets hors de France, mais pas plus loin que l’Europe : en Allemagne et en Espagne.
Les conclusions de l’ACV sur les emballages sont largement favorables à la brique Tetra Pak devant le plastique et le verre, c’est un beau résultat DD selon vous ?
Pour nous, en termes de résultat DD, le plus important c’est la prise de
conscience des consommateurs. C’est la sensibilisation des parties prenantes et nos relations avec elles. Ce sont les actions de sensibilisation que nous menons en direction des clients avec nos distributeurs. Par exemple, Tetra Pak sera présent à la Semaine du Développement Durable des magasins Carrefour.
Les résultats de l’ACV sont importants pour étayer le discours environnemental, mais le résultat en lui-même n’est pas le plus important.
Nous avons bien sûr communiqué sur ces résultats auprès de nos clients, dans la presse spécialisée, par des campagnes d’affichage. Sur les conclusions de l’enquête, nous n’avons pas été contrés, nous ne pouvons pas l’être, les résultats sont très fiables.
A la suite de cette annonce, nous observons une augmentation de notre chiffre d’affaires. Sur l’année 2008, les ventes ont grimpé de 3 % et, plus on avançait dans l’année, plus les augmentations étaient conséquentes.
A l’été 2008, IPSOS a constaté à l’occasion d’un sondage, l’inversion des tendances sur les achats de liquide conditionné entre le carton et le plastique. L’emballage carton est passé devant.
On parle beaucoup du volet environnemental de votre démarche DD mais peut-être que l’on pourrait aborder le volet social et le volet économique ?
En interne nous faisons des choses dans l’objectif d’un meilleur développement des carrières et des individus. Nous avons mis en place des indicateurs de progrès. Nous avons beaucoup de projets avec les salariés. Nous organisons aussi des échanges avec nos collègues à l’international. Nous constatons, d’ailleurs, un turn over très faible. Nous avions commandé une étude à Towers Perrin sur le niveau d’engagement des équipes. Ils ont comparé nos réalités à celles de 200 entreprises de même catégorie. L’étude a montré que nous avons un taux d’engagement de 87 %, c’est-à-dire qu’il est 12 à 13 % au-dessus du taux moyen des autres entreprises.
Je pense pouvoir dire que nous avons un taux d’accueil de stagiaires supérieur à la moyenne. Une politique pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes est mise en place. Cela se concrétise par des partenariats avec des universités, des écoles et aussi, nous prévoyons chaque année un budget important dédié à l’accueil de stagiaires.
A l’externe nous mettons en place des actions socialement responsables qui bien souvent vont au-delà même des législation en vigueur.
Par exemple, le programme Bricado que l’on met en œuvre avec l’Unicef. Les enfants donnent des briques à l’Unicef et nous nous les recyclons pour en faire du papier cadeau qui sera revendu au profit de l’Unicef. Après, avec l’argent, l’Unicef mène des campagnes de vaccinations en Afrique. Cette action représente, pour l’Unicef, un gain d’1 million d’euros, c’est 1 million d’euros de vaccins achetés !
Je pense aussi à l’opération Chèque de planète où l’on finance le voyage de deux étudiants. Il font le tour du monde pour recenser les actions développement durable mises en œuvre un peu partout.
Nous faisons beaucoup d’autres choses de cet acabit. Par contre, nous ne communiquons pas « grand public » sur nos partenariats. C’est volontaire, c’est une politique de l’ensemble du groupe à l’international. En fait, le partenariat avec le WWF s’il est visible, c’est parce que l’ONG communique à ce sujet. Par contre, nos clients connaissent toutes les actions que nous menons et c’est une valeur ajoutée en terme d’image.







