Altadev

Le Sommet de Copenhague, un enjeu majeur pour les entreprises

Le sommet de Copenhague (Cop 15) en général et les exhortations de Ban Ki Moon en particulier agitent les consciences vertes des grandes entreprises.
Et c’est bien à l’occasion du Cop15 qu’elles semblent vouloir passer des bonnes intentions aux fermes résolutions, et cela, d’abord et avant tout dans leur propre intérêt.
Quels sont leurs engagements en faveur du changement climatique ? Quels en sont les enjeux ? Et où doivent-elles faire porter leur attention et leurs efforts ?
Alors que les accords du Cop 15 sont en passe d’être formalisés, il est bon de revenir sur ces questions fondamentales.

Les engagements des entreprises françaises en faveur du climat
Aujourd’hui l’intensité carbone de la France est d’environ 6 tonnes par habitant alors qu’elle est de 20 tonnes aux Etats-Unis !
Notre pays réduit ses émissions de GES entre 1990 et 2007 d’environ 5,6 %1 . Un des rares pays à le faire dans l’absolu. Cette bonne performance vient en grande partie de l’effort substantiel accompli par les entreprises françaises qui, dans cette même période, ont réduit leurs émissions de GES de 26 %.
Par la voix du Medef et du BDI2 (son équivalent allemand), les entreprises sont conscientes du rôle crucial qu’elles ont à jouer au Sommet de Copenhague. Elles ont soutenu les décisions européennes prises fin 2008 pour une réduction de 20 % des émissions de GES. Elles appellent parallèlement de leurs vœux un accord ambitieux et mondial afin de mettre en place une nouvelle stratégie de réduction internationale dès 2012.

Quelques prises de positions :
A l’occasion du Sommet de Copenhague, quelques entreprises ont pris position en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique.
Mac Donald a annoncé son engagement à réduire ses émissions de gaz de 60% dans ses restaurants d’ici 2020 et de 20% sur l’ensemble de ses activités sur la filière agro alimentaire. Tetra Pak s'est engagé à réduire de 10 % en valeur absolue ses émissions de CO2 en 2010, par rapport à son niveau de 2005. Carrefour, qui s'était fixé en 2005 un objectif de réduction de 20 % de sa consommation d'énergie par rapport à 2004 a atteint ce but et vise désormais une réduction de 30 %.

Quels sont les enjeux du changement climatiques pour les entreprises ?
Comme pour le reste du monde, les enjeux sont énormes en termes de développement et de santé des populations.
Mais au-delà de ces considérations humanistes, les experts ne donnent pas cher de l’état de l’économie mondiale dans le cas où aucune lutte contre le réchauffement ne serait engagée.
Le secrétaire général de l’ONU affirme qu’une augmentation des émissions de GES pourrait conduire à une baisse de 5 % du PIB mondial.
Parallèlement, le Groupe intergouvernemental d’experts calcule que la réduction des GES ne coûterait que 0,1 % de ce même PIB annuellement3 .
Au-delà des pertes évitées, il existe aussi une théorie très répandue, et clairement défendue par Obama, des gains économiques substantiels obtenus par le développement de technologies propres.
Nous en avons d’ailleurs souvent témoigné au fil de ces pages : les entreprises, si elles veulent sortir gagnantes de la crise et de la lutte contre le réchauffement climatique, ont tout intérêt à développer des technologies et des produits innovants et verts.
Ainsi, entre attractivité commerciale et économies d’énergie à la production, ces pionnières de l’économie verte s’assurent une position concurrentielle avantageuse.

Pour autant, le monde entier doit jouer le jeu
Et toute l’action des entreprises au Cop 15 a bien pour base cette idée qu’il faut que les pays les plus avancés en matière d’économie de carbone militent pour un accord international. Selon les syndicats patronaux, il est souhaitable que tout soit mis en œuvre pour maintenir un niveau de compétitivité équivalent au niveau des pays émergents, moins sollicités pour atteindre les objectifs fixés.
D’où l’importance pour le secteur économique d’un accord qui permette d’assurer un niveau d’obligations égal qui reposerait sur trois principes :
Diviser par deux les émissions d’ici 2050,
Un engagement contraignant pour toutes les économies développées et en premier lieu les Etats-Unis,
La participation à la lutte contre le réchauffement des pays en voie de développement et émergents dans l’objectif qu’ils stabilisent leurs émissions dans les meilleurs délais.

Les engagements sont déjà pris au niveau européen, le Sommet mondial qui vient de se clore doit les entériner pour asseoir une action ambitieuse.

Pour en savoir +

Le site officiel du COP15

L’exemple du Danemark en matière de stratégie commerciale et de changement climatique

 

1Source : inventaire CCNUCC, CITEPA, 2008
2Lettre à Nicolas Sarkozy et Angela Merkel envoyée le 12 novembre par le MEDEF et le BDI au nom des entreprises françaises et allemandes : en savoir +

3Les prévisions plus alarmistes du « Rapport économique et social mondial 2009 », prévoient qu’il faudra investir 1 % du PIB mondial pour lutter contre le réchauffement si l’on veut éviter des pertes équivalentes à 20 % de ce même PIB.

 

 

"Performance et développement durables"


pour en savoir plus sur ce sujet, consultez l'interview de Jérôme Soistier, président fondateur d'Altadev.

"Le dialogue avec les parties prenantes"


pour en savoir plus sur ce sujet, consultez l'interview de Dominique Royet, directrice associée d'Altadev.

Abonnez vous GRATUITEMENT à la newsletter Altadev !