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Jean-Charles Lambron, directeur général de Kinnarps France

Fondée en 1942 en Suède, Kinnarps vend des solutions globales pour l’aménagement de bureaux respectueuses de l’environnement.
En France depuis 1994, la filiale est forte de 130 collaborateurs, son activité est assurée à 60 % par des grands comptes comme le CEA, la SNCF, la Poste, Sanofi, Groupama et à 40 % par les PME/PMI.
Plans de travail, caissons de rangement, bureaux, cloisons, l’ensemble de la production est assurée par la Suède et profite ainsi de l’avancée verte des pays du Nord.


Votre chiffre d’affaires est réalisé à 60 % par les grands comptes, comment sont-ils venus à vous ?

Ils ont apprécié, au départ, la qualité et l’organisation de l’entreprise, nos systèmes de fabrication industrialisés et scrupuleux, la standardisation de nos produits et en même temps leur grande adaptabilité aux besoins particuliers.
Ensuite l’argument environnemental a aussi été important à partir de 1998 lorsque les grandes organisations ont commencé à intégrer ce paramètre.

Est-ce que vous en faites aujourd’hui un argument de vente majeur ?

Oui, mais sur des critères précis en lien avec la législation en vigueur.
Nous avons commencé à labelliser nos produits à la fin des années 90. Nous avons des certifications de process de type 14001, 9001, etc. Puis, nous avons mis en place le NF Environnement entre 1996 et 1998.
Nous sommes ainsi sortis de la story telling pour arriver à des choses extrêmement concrètes. Et cela a permis, en toute modestie, de tirer le marché vers le haut, d’améliorer la qualité et surtout l’origine des matériaux qui figurent aujourd’hui dans les catalogues d’achats des grandes administrations.

Quels sont vos résultats et comment vous situez-vous par rapport à la concurrence ?

Au 31 août 2008, on termine l’exercice en légère perte qui se comprend dans la conjoncture actuelle. Mais la perte est plutôt moins importante que celle de la concurrence. Aujourd’hui sur un marché à – 25 nous sommes à – 8. A fin août 2008, le groupe était à + 8,5 % de rentabilité nette, donc très positif. Le numéro 3 de nos concurrents a enregistré, pour la même période, une perte de 12 %.


Avez-vous repéré des moments clés en lien avec votre activité qui attesteraient de changements de comportements des consommateurs ?

Le marché du mobilier de bureau est relativement flat. En France, pour un indice 100 en 90, nous sommes à 105 en 2007. Chez Kinnarps, à partir du même indice 100 dans les années 90, nous sommes à 450 aujourd’hui. Nous avons pris des parts de marché. Les entreprises s’intéressent de plus en plus à l’ergonomie. Et l’environnement est devenu un facteur très important dans le choix des acheteurs en matière de mobilier de bureaux.
Ce sont des arguments qui ont joué en notre faveur.
Le virage, en ce qui concerne l’environnement, a été amorcé en 2005. A partir de 2004, les grandes administrations ont commencé à introduire dans leurs critères de choix ces notions d’environnement. Le résultat, c’est une évolution de notre chiffre d’affaires de 20 % par an de 2004 à 2006.

Est-ce que votre positionnement environnemental se traduit par des économies, des coûts évités ?

Notre métier principal, c’est le bois. Nous récupérons les chutes de bois pour chauffer les usines. Nous estimons notre économie annuelle à l’équivalent de 4000 m2 de fioul.
A Paris, nous avons installé une pompe à chaleur à boucle d’eau pour le chauffage et la climatisation. Au quotidien, nous faisons attention à la manière dont nous utilisons l’énergie. Nous ne chauffons pas le bâtiment lorsqu’il n’y a personne. Nous avons des détecteurs de présence. Tout cela est bien sûr informatisé, et ça nous permet de diminuer en permanence nos consommations. Après, ce qui fait la différence, ce sont les pratiques et donc la sensibilisation.
En termes de coûts évités, je pense surtout aux économies que nous réalisons sur les emballages puisque nos produits sont livrés en couvertures et en cartons plats.

Au niveau social, quelles actions menez-vous ?

Le bien-être que nous vendons doit être respecté dans notre entreprise.
A la suite d’un audit sur les conditions de travail, nous avons mis en place l’enquête de satisfaction annuelle. Le mal-être au travail génère du stress, de la démotivation. Ainsi, nous avons maintenant des indicateurs sociaux qui nous permettent de suivre l’état de bien-être des collaborateurs.
Chaque collaborateur a droit à 5 jours de formation par an pendant 5 ans. Les trois premières années doivent permettre de se perfectionner au poste occupé, les deux dernières sont utilisées pour apprendre un nouveau métier. Cela nous permet de fidéliser les collaborateurs et de leur offrir des possibilités de mobilité à l’interne.

En conclusion, est-ce que vous considérez qu’une politique environnementale présente des avantages en termes de business ?

A mon avis, elle ne présente QUE des avantages. A partir du moment où elle est sincère et intégrée à l’activité. Elle ne présente que des inconvénients à partir du moment où l’on fait du greenwashing.
Chez Kinnarps, les considérations environnementales sont au cœur de l’activité : briquettes compactées, achats contrôlés, éco-conception des produits. Ainsi, ce n’est que du bonheur à gérer.

Propos recueillis par Marine Royet

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