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Tour d'horizon des agricultures en France

L’agriculture est au cœur de plusieurs enjeux planétaires: réchauffement climatique, biodiversité, pollution des eaux, érosion des sols, OGM, santé/nutrition… La France, premier producteur agricole de l’UE, et ses citoyens, s’intéressent de plus en plus à ces questions. Pour preuve, la dernière édition du salon international de l’agriculture a rassemblé plus de 650 000 visiteurs. Mais une confusion se propage face à l’émergence de nouvelles agricultures. L’occasion de faire un point sur le paysage agricole français.

Les quatre principaux types d’agriculture en France

L’agriculture industrielle :
- Ce schéma de production dominant s’est intensifié depuis la fin de la seconde guerre mondiale. L’objectif de cette agriculture est de produire toujours plus, sans tenir compte des cycles naturels et des écosystèmes
- De manière à augmenter les rendements, elle est fondée sur la mécanisation, la forte consommation de pesticides, de fertilisants, d’eau, pratiques qui permettent d’atteindre de hauts rendements.
- Les risques écologiques, sociaux et sanitaires (réduction des apports nutritifs des aliments) qu’elle entraine lui valent aujourd’hui nombre de critiques, inquiète les consommateurs et poussent les décideurs politiques à envisager des modes de production plus respectueux de la santé de l’Homme et de l’environnement.

L’agriculture raisonnée :
- L’objectif de cette agriculture est de « raisonner » les pratiques actuelles, excessives.
- La recherche des rendements élevés est maintenue mais les doses d’intrants sont optimisées, les doses maximales et les précautions d’usage sont respectées.
- Dans la mesure où il n’existe pas de seuils quantitatifs réglementaires, il est difficile d’évaluer la performance environnementale de l’agriculture raisonnée. Aujourd’hui, 3000 exploitations sont certifiées en France.

L’agriculture durable :
- L’agriculture durable est la déclinaison pour le secteur agricole et rural des 27 principes du développement durable ratifiés par 174 pays lors de la conférence de Rio en juin 1992.
- Elle vise à concilier le développement économique et social (systèmes de production économes, autonomes et dégageant des revenus décents pour les agriculteurs) avec une gestion rationnelle et prudente des ressources naturelles (préservation de la fertilité des sols, de la biodiversité, des paysages, de la qualité de l’air et de l’eau).
- Il s’agit d’une démarche de progrès coordonnée par un ensemble d’acteurs dont le RAD -Réseau d’Agriculture Durable et le CIVAM - Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural . Plus de 10 000 agriculteurs seraient engagés dans cette démarche.

L’agriculture biologique :
- C’est l’agriculture la plus respectueuse de l’environnement. Elle fait l’objet d’une certification externe et les critères d’attribution du label AB (label français), qui permet aux consommateurs de distinguer les produits qui en sont issus, sont très stricts. Pour pouvoir prétendre à l’octroi du label, les agriculteurs qui le souhaitent doivent attendre 3 années pendant lesquelles leurs terres sont en conversion.
- Ses pratiques, naturelles, visent à préserver la fertilité des sols, la biodiversité, et ce faisant, permettent de conserver la qualité nutritionnelle des produits cultivés. Les pesticides, engrais chimiques et les OGM sont interdits. Seuls les intrants d’origine biologique (comme le compost) sont autorisés. La Terre et ses cycles naturels sont respectés.
- En 2009, 16 400 exploitations françaises étaient labellisées.

La certification Haute Valeur Environnementale (HVE), fruit du Grenelle de l’Environnement
Dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, il a été décidé de mettre en place une démarche de certification environnementale en matière d’agriculture, de manière à ce qu’en 2012, 50% des exploitations agricoles françaises soient engagées dans cette certification HVE. Le projet de loi sur le Grenelle 2, voté par le Sénat, devrait passer devant l’Assemblée Nationale d’ici juin 2010.
5 domaines seront analysés dans le cadre de la certification HVE:
- la stratégie phytosanitaire,
- la préservation de la biodiversité,
- la gestion des engrais,
- la gestion de la ressource eau,
- la consommation énergétique de l’exploitation.

Du nouveau sur les étiquettes des produits alimentaires
Egalement dans le cadre du Grenelle, une démarche concernant l’affichage environnemental des produits alimentaires a été engagée dans le but de sensibiliser les consommateurs aux impacts environnementaux des produits. D’ici fin 2011, de premières expérimentations vont être mises en place : des indicateurs devraient apparaitre sur les produits. Les enjeux retenus par les groupes de travail, aujourd’hui, qui permettront d’aboutir aux indicateurs sont : l’impact CO2, l’eutrophisation1, la biodiversité, l’écotoxicité / utilisation de pesticides, la consommation d’eau.
La démarche est conjointement animée par l’AFNOR et l’ADEME.

En savoir +

 

1eutrophisation : modification et la dégradation d'un milieu aquatique, lié en général à un apport excessif de substances nutritives, qui augmentent la production d’algues et de plantes aquatiques
 

   

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