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Olivier CANTET, président de RIP CURL Europe

Rip Curl, marque mythique créée en Australie en 1969, est synonyme de glisse : surf, snow et ski. En Europe, son siège est situé à Hossegor, dans les Landes, spot bien connu des surfeurs. La marque porte haut les couleurs du développement durable, en particulier de la protection de la nature. Comment cela se traduit-il dans le business ? En quoi les valeurs du développement durable permettent de mieux résister à la crise ?
 

Olivier CANTET, président de Rip Curl Europe répond. Il est à la tête de la filiale européenne de Rip Curl depuis six ans, après avoir dirigé la marque Millet (groupe Lafuma) et passé dix ans dans les médias, chez Europe 1. Olivier est aussi un passionné de glisse, surtout de montagne.


En quoi les valeurs du développement durable font-elles partie de la culture de Rip Curl ?

Les fondateurs de cette entreprise avaient la passion de la glisse, le goût de la nature, belle et puissante, source de plaisir et de danger. Quand les vagues sont belles, la nature offre à l'homme un moment extraordinaire. Mais quand l'eau est sale, cela devient problématique et dangereux.
Ceci explique nos engagements auprès d'ONG comme Surfriders ou Mountain Riders qui militent pour le respect des espaces naturels.

La protection de l'environnement est donc une valeur intrinsèque à l'entreprise…
C'est notre culture. Nous avons défini un concept de quête sportive et personnelle, appelé « My search ». Il s'agit de partir à la rencontre d'endroits différents et encore vierges. Cette quête nous rend sensibles aux équilibres instables. Dans ces lieux, on se rend mieux compte des changements en cours. A tel endroit, les vagues sont moins fortes à cause de l'urbanisation du bord de mer. Ailleurs, c'est un glacier qui recule sous l'effet du réchauffement climatique.

Comment se traduisent vos valeurs en termes de business ?
Plus les gens sont pratiquants de surf, de snow et de ski, plus ils sont sensibles à la nature. Nous sensibilisons à l'environnement par la promotion de la glisse. Nous avons surtout une responsabilité auprès des jeunes, car nous leur apportons du rêve. On obtient une meilleure réussite sur le long terme en éduquant les jeunes qu'en agissant aujourd'hui pour éviter les problèmes. Tout cela se traduit dans la conception de nos produits et par des partenariats forts avec des associations.

Quels efforts avez-vous entrepris dans la conception de vos produits ?
Nous avons créé le label « Rip Curl Planet » pour nos produits en coton bio, en lin, en chanvre et en matières recyclées. Nous développons aussi des messages et des graphismes militants sur nos vêtements, en particulier « We rip, we rock, we care. »

Rip Curl est aussi une marque de planches et de combinaisons. Existe-il des solutions pour ces produits ?
Pour les planches, nous travaillons sur une alternative à base de soja et d'éléments de bois, mais qu'il est difficile d'industrialiser. Ces planches doivent aussi répondre aux exigences du haut niveau. Dans les compétitions que nous organisons, il existe une épreuve par équipe où tout le monde utilise le même matériel. Et pour habituer les compétiteurs, nous avons choisi une planche écoconçue.
Pour les combinaisons en néoprène, nous avons du mal à trouver des matières techniques équivalentes. Nous travaillons plutôt sur le recyclage. Le projet s'appelle « Résurrection » et consiste à recycler les combinaisons et les chutes dans des semelles de chaussure. Il sera effectif en 2010 et a obtenu le soutien de la région Aquitaine.

Par temps de crise, pensez-vous qu'une démarche en développement durable apporte des avantages concurrentiels ?
Dans une période comme celle-ci, soit on comble l'attente de prix et d'économies, soit on répond en terme de qualité, c'est à dire au besoin des consommateurs d'acheter moins et mieux. Dans ce dernier cas, la qualité des produits écoconçus est évidente aux yeux des clients. La notion de « bien acheter » va prendre plus d'importance. Et sur ce point nous sommes bien armés car nous apportons des preuves de qualité, même sur des produits de mode.

Le développement durable génère-t-il des économies ?
Dans la gestion quotidienne, oui. Nous économisons en électricité, en papier, etc. On consomme moins, on s'engage dans les énergies renouvelables. Exemple avec notre nouvel entrepôt qui intègre des panneaux photovoltaïques. Ces économies sont réinvesties dans la qualité. Car pour la production, le recours à des matières organiques a plutôt tendance à renchérir le coût des produits.

Quelle sera la stratégie de Rip Curl dans cette période de crise ?
Sur l'Europe, nous prévoyons un marché global en baisse de 5 %, avec moins 20 % pour la Grande-Bretagne, moins 10 % pour l'Espagne et moins 7 % pour la France. Mais nous avons une approche long terme de notre business. C'est pour cela que nous allons renforcer la qualité. C'est un choix plus facile à faire pour nous car nous ne sommes pas une société cotée, et nos quatre actionnaires fondateurs partagent cette vision à long terme. C'est une vision positive du développement durable.

Propos recueillis par Yves Vilagines pour ALTADEV

En savoir plus sur Rip Curl

 Rip Curl a crée le label « Rip Curl Planet » pour leurs produits en coton bio, en lin, en chanvre et en matières recyclées. En savoir plus

 

Rip Curl soutient les associations de protection de l'environnement des hauts lieux de la glisse, telles que Surfrider foundation et Mountain riders. En savoir plus sur Surfrider Foundation.

 

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