"La responsabilité sociale et environnementale passe par le dialogue avec les parties prenantes"
Dominique Royet, Directrice associée d'Altadev.
Formée au techniques managériales des multinationales, Dominique a mis, pendant près de 10 ans, ses compétences au service de la protection de l'environnement au sein du WWF. Chargée des partenariats, elle a contribué à l'émergence d'un dialogue constructif entre ONG et entreprises. Pour elle, le mécénat d'entreprise est un outil dont les entreprises ne doivent pas se priver.
Le développement durable apparaît souvent comme une affaire de grandes entreprises…
Les choses vont rapidement changer. Peu à peu, toutes les entreprises, petites et grandes, vont se trouver concernées par le développement durable. Si les grands groupes font toujours figure de pionniers, ces grandes entreprises diffusent leurs propres pratiques auprès de leurs fournisseurs. Elles exigent de leurs partenaires le respect d'engagements environnementaux et sociaux. Pour les entreprises plus petites, cette demande ne doit pas être vécue comme une contrainte. Il faut plutôt y voir une somme d'opportunités. Je suis persuadée qu'une entreprise consciente de sa responsabilité sociale et environnementale est à même de se développer aussi fortement, voire mieux, que ses concurrentes.
Quelle place les entreprises doivent-elles accorder au dialogue avec les parties prenantes, les ONG en particulier ?
Les entreprises ont beaucoup à gagner à dialoguer avec leurs parties prenantes. Elles en ont peu ou prou l'habitude lorsqu'il s'agit de leurs clients, de leurs actionnaires ou de leurs salariés. Mais le dialogue est moins ouvert avec les représentants de la société civile, les ONG surtout. Quand les entreprises rencontrent des ONG, c'est encore trop souvent en confrontation directe (accident, boycott, manifestation, etc.), avec des risques forts sur l'image de l'entreprise. Etablir un dialogue en amont consiste à expliquer aux ONG son activité et ses contraintes. Cela permet de prévenir les risques de crise, d'instaurer une relation de confiance et de s'engager dans un processus d'amélioration. Une étude récente réalisée sur un panel d'entreprises ayant des partenariats avec des ONG est éloquente à ce sujet. 73 % d'entre elles considèrent ces actions comme importantes voire très importantes. Elles estiment à 61 % que c'est aussi important vis-à-vis de leur marché.
Comment les entreprises doivent-elles s'y prendre ?
Ce qui est certain, c'est qu'on n'aborde pas les ONG de la même manière que les autres parties prenantes. Cela requiert bien sûr du respect mutuel, mais aussi une parfaite connaissance du réseau associatif et de ses rouages. Concrètement, l'activité d'une entreprise doit s'inscrire dans son environnement territorial. Elle est un acteur du développement local. Pour asseoir son ancrage local et sociétal, l'entreprise dispose d'un outil souvent sous-utilisé : les actions de mécénat. En plus, ces actions sont, en interne, un excellent outil de motivation pour les collaborateurs. Un autre travail de l'entreprise, c'est également de sensibiliser ses parties prenantes, en particulier ses salariés, afin de leur permettre de devenir des acteurs de la démarche collective. Car chacun, dans l'exercice des son métier, est à même d'apporter sa contribution à la responsabilité sociale et environnementale de son entreprise.






